En Afrique du Sud, Jacob Zuma met fin à "l'ère Mbeki" à la tête de l'ANC
Réputé autoritaire, Thabo Mbeki n'a pas su reconnaître l'importance de la crise dans son parti. Il lui était reproché de n'écouter personne, de s'enfermer dans un cercle restreint de fidèles et surtout d'être de plus en plus éloigné des préoccupations de la base.
Mal à l'aise en public, mauvais tribun, il n'a jamais fait d'efforts pour se faire comprendre des masses. Il a eu beau aligner les chiffres prouvant, sans ambiguïté, sa bonne gestion des affaires publiques, il n'a pas convaincu les plus pauvres.
Dimanche, dans son discours bilan, il n'a, encore une fois, pas su séduire l'auditoire. Il a même insinué, toujours plus élitiste, qu'il préférerait un parti avec moins de militants, mais de "meilleurs" militants. Malgré le camouflet qu'il vient de subir, Thabo Mbeki reste le chef de l'Etat et devrait assumer sa mission jusqu'à son terme, en 2009.
L'arrivée de Jacob Zuma à la tête de l'ANC ne devrait pas, en principe, avoir d'influence directe sur la conduite des affaires du pays. Les grandes orientations politiques du parti ne devraient pas changer d'ici à 2009. Reste que Thabo Mbeki va être contraint, pendant les dix-huit prochains mois, à une sorte de "cohabitation". De son côté, Jacob Zuma va devoir, d'une façon ou d'une autre, remercier ceux qui l'ont soutenu, en particulier ses alliés de gauche, la centrale syndicale Cosatu, le Parti communiste et la Ligue de la jeunesse. Il n'est pas certain que tous patientent jusqu'en 2009.
Le monde des affaires, quant à lui, regarde avec suspicion cet homme dont on connaît finalement très peu le programme économique et qui a déjà été inculpé pour corruption. Les charges ont été abandonnées pour vice de procédure, mais l'affaire est loin d'être close.
"On ne sait pas ce que Zuma veut. Il n'a jamais rien dit là-dessus. Cependant, il doit beaucoup à la Cosatu, et je sais ce que veut la Cosatu : franchement, ça ne me dit rien de bon", explique Dawie Roodt, chef économiste d'un groupe d'investissements privé, cité par un quotidien national. "Les marchés sont un peu nerveux", poursuit-il.
Pour lui, l'Afrique du Sud est cependant à l'abri d'un virage brusque. "L'économie de notre pays est petite et très intégrée au reste du monde. En Afrique du Sud, l'opposition réelle, ce n'est pas l'Alliance démocratique (opposition parlementaire) mais les marchés financiers", assure cet expert. Le nouveau président de l'ANC devrait, d'ici quelques mois, se lancer dans une nouvelle campagne électorale, cette fois en tant que candidat de l'ANC à la présidence de la République. A moins que la justice ne le rattrape d'ici là.
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22 Décembre 2007 à 11:12 dans
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