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Mon séjour en Afrique du Sud (Cape Town)

La politique c'est amusant... surtout en Afrique du Sud...

Un imposant monument historique, qui accueille des visiteurs de jour comme de nuit, l'Union Building, le palais présidentiel, surplombe Pretoria (Tswane), la capitale d'Afrique du Sud. Symbole d'une nation qui, tout en réussissant plus ou moins à oublier le traumatisant passé de sang engendré par l'apartheid, aspire à une évolution harmonieuse, une « flamme de la paix» (Torch of Peace) scintille sur la façade principale de l'édifice.

En avril 2009, les Sud-africains seront appelés aux urnes pour élire le futur locataire de ce somptueux Palais de l'Union. A moins d'un an et demi de cette échéance, la nation arc-en-ciel vit un climat politique très agité. Depuis des semaines, le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), est engagé dans un processus électoral pour la désignation de son nouveau leader, prévue le 16 décembre à Polokwane, dans la province de Limpopo (j'adore ce nom Limpopo...).

L'enjeu de ce vote est capital. Avec l'arrivée au pouvoir de Nelson Mandela en 1994, l'ANC s'est imposé comme la plus grande force politique d'Afrique du Sud et domine toutes les autres formations. Qui plus est, fort d'une alliance avec le Parti communiste sud-africain et la centrale syndicale COSATU, son dirigeant est assuré d'accéder par la voie royale à la présidence du pays, au terme de l'élection présidentielle. C'est par ce canal que Thabo Mbeki est devenu à son tour chef de l'Etat en 1999.

Pour cette élection, un duel « fratricide » oppose Thabo Mbeki à son ex-vice président Jacob Zuma, numéro deux du parti. Derrière elles, les deux personnalités traînent des hordes de partisans surexcités, qui battent campagne par des affiches aux messages parfois provocateurs. Par exemple, ceux du chef de l'Etat appellent à ne pas voter son rival, arguant que celui-ci n'a pas l'étoffe d'un bon président.

« L'un des aspects du bilan de Thabo Mbeki repose sur sa vision panafricaniste. Il a ouvert le pays au reste du continent et a inculqué aux Sud-Africains la notion de solidarité envers leurs autres frères africains. Que tu sois Camerounais, Congolais, Ethiopien ou Algérien, tu te sens en Afrique du Sud comme chez toi. Je ne pense pas que ce puisse être la même chose avec Jacob Zuma. Mais il est une chose : c'est le futur président », souligne Mtyutu, un jeune homme d'affaires âgé d'une trentaine d'années, vivant à Pretoria.

Au terme des élections à l'ANC au niveau régional fin novembre, Jacob Zuma a reçu le soutien de poids lourds du Congrès des étudiants d'Afrique du Sud (COSAS), de la Ligue des jeunes de l'ANC, de la Ligue des femmes de l'ANC et de la Jeune Ligue communiste. Mais, son sort reste suspendu à l'issue finale de son procès pour corruption, devant la Cour constitutionnelle, et dont le verdict est également attendu dans les prochains jours.

Pour l'instant, Thabo Mbeki est frappé par la limite à deux du nombre des mandats présidentiels. Mais une réélection à la tête de l'ANC lui permettrait, selon des analyses, de faire modifier la Constitution afin de briguer un troisième bail consécutif à la magistrature suprême. Après tout, on est bien en Afrique, n'est ce pas?


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