Rooibos

On sait qu’il y a plus de 300 ans, les populations indigènes des montagnes au nord de la ville du Cap, en Afrique du Sud, cueillaient les parties aériennes du rooibos sauvage. Ils les faisaient fermenter pour en faire une infusion d’une couleur rougeâtre au goût sucré et fruité. Consommée chaude ou froide, cette infusion est aujourd’hui considérée comme la boisson nationale de l’Afrique du Sud.
Ce n’est qu’au début des années 1930 qu’on a commencé à cultiver le rooibos à des fins commerciales. De nos jours, l’Afrique du Sud en produit annuellement plusieurs milliers de tonnes, dont près de la moitié est exportée vers l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Angleterre, le Japon, la Malaisie, la Corée du Sud, la Chine, la Pologne, l’Italie, la France et l’Amérique du Nord.
L’intérêt récent pour l’infusion de rooibos tient au fait qu’en plus de renfermer des substances antioxydantes en quantités relativement importantes, cette boisson ne renferme pas de caféine comme c’est le cas pour le thé ou le café. Elle est également pauvre en tannins, ces substances responsables du goût astringent du thé, lequel ne plaît pas à tous.
Si les populations indigènes d’Afrique du Sud utilisaient l’infusion de rooibos à des fins médicinales, il n’en existe guère de traces. Ce n’est qu’en 1968 qu’une Sud-Africaine, Annekie Theron, aurait découvert les vertus du rooibos pour soulager les coliques de son bébé. En 1970, elle publiait un livre portant notamment sur les effets bénéfiques de l’infusion pour traiter les allergies cutanées. Par la suite, elle brevetait un extrait de rooibos aujourd’hui utilisé pour la préparation de divers produits cosmétiques et de santé.
Bien qu’on n’ait mené, à ce jour, aucun essai clinique qui permette de confirmer l’efficacité de ces usages, plusieurs médecins sud-africains recommandent l’infusion de rooibos pour soulager les coliques des bébés. Aussi, l’usage populaire local veut que la boisson ait des vertus contre les troubles digestifs ou du sommeil et, par voie externe, pour le traitement des allergies cutanées, de l’eczéma et de l’érythème fessier.
On a découvert que le processus de fermentation auquel on soumet le rooibos lui faisait perdre une partie de son activité antioxydante. Dès lors, on a commencé à produire, en plus des préparations fermentées traditionnelles, du rooibos séché non fermenté, appelé rooibos vert. L’infusion qu’on en tire n’a pas la couleur rougeâtre caractéristique du rooibos fermenté et son goût est moins sucré et fruité que ce dernier.
L’activité antioxydante de l’infusion de rooibos équivaudrait à peu près à la moitié de celle du thé. Cependant, les composants du rooibos sont moins bien connus que ceux du thé. Il est actuellement difficile de se prononcer sur leurs effets véritables. Par ailleurs, les partisans du rooibos font valoir que l’absence de caféine et de tannins dans la boisson sud-africaine permet d’en consommer plus que le thé.
Le rooibos contient plusieurs substances antioxydantes, surtout des polyphénols tels que l’aspalathine (seule source naturelle connue), la nothofagine, la quercétine et la lutéoline. On estime que les antioxydants protègent les cellules de l’organisme contre les méfaits du stress oxydatif, lequel est notamment associé au cancer, aux maladies dégénératives et au vieillissement cérébral. Bien qu’on ait observé que la plante et plusieurs de ses composants exercent une action antioxydante in vitro et sur des animaux, on n’a pas mené, à ce jour, d’essais cliniques permettant de confirmer que l’infusion de rooibos a de tels effets sur les humains.
Des essais in vitro ont permis de constater que le rooibos non fermenté possédait un potentiel antioxydant supérieur à celui du rooibos traditionnel (fermenté). Cependant, une étude in vitro récente démontre que les extraits aqueux du rooibos possèdent également un potentiel pro-oxydant important. Cela alimente la polémique au sujet des dangers potentiels des préparations antioxydantes commerciales concentrées en flavonoïdes.
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25 Novembre 2007 à 06:41 dans
- Je veux devenir une parfaite afrikaaner

