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Mon séjour en Afrique du Sud (Cape Town)

Afrique du Sud: les violences xénophobes touchent sept des neuf provinces

Les violences xénophobes en Afrique du Sud ont continué vendredi à se propager, touchant désormais sept des neuf provinces du pays, et le parti au pouvoir a appelé à "reprendre la rue aux criminels", alors qu'à Johannesburg le calme semblait revenu.

Les attaques contre les immigrés, qui ont débuté il y a près de deux semaines et ravagé les townships de Johannesburg faisant plus de 40 morts et 17.000 déplacés, se sont étendues pour la première fois aux environs du Cap (sud-ouest), fleuron touristique et capitale parlementaire du pays.

Comble de l'ironie, c'est une réunion publique sur la xénophobie, sensée être préventive, qui a dégénéré jusque tard dans la nuit de jeudi à vendredi au coeur du bidonville de Dunoon, à 20 km au nord de l'agglomération.

"Des bandes ont commencé à piller des boutiques appartenant à des Zimbabwéens et d'autres étrangers", a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police pour la province du Western Cape, Billy Jones. Douze personnes ont été arrêtées.

Le Congrès national africain (ANC) a appelé ses militants à créer des comités dans les townships pour "reprendre la rue aux criminels" auteurs des attaques. "Ce type de conduite n'aura jamais sa place dans notre pays", a affirmé Gwede Mantashe, secrétaire général du parti au pouvoir depuis la fin du régime raciste d'apartheid en 1994.

La police et les services du procureur général ont annoncé des mesures exceptionnelles pour traiter "rapidement et sévèrement" ces violences et envisagent la création de tribunaux spécialisés.

Les Springboks, la très populaire équipe nationale de rugby, se sont dits "horrifiés", exprimant leur "déception face au fait que les responsables de tels actes soient des compatriotes sud-africains".

Les violences, qui ont éclaté le 11 mai à Johannesburg se sont propagées à divers townships de la capitale économique sud-africaine, et depuis mardi à d'autres parties du pays, touchant désormais sept provinces.

Dans le Limpopo (nord), un Mozambicain de 28 ans a été poignardé à l'épaule lors de l'attaque de maisons d'immigrés et 11 personnes ont été interpellées, a indiqué vendredi la police.

De nouveaux troubles ont agité le KwaZulu-Natal (sud-est). "La nuit dernière, un étranger a été blessé par balles dans le township de Catomanor, à moins de 10 km de Durban. Il est à l'hôpital", a déclaré à l'AFP la commissaire Phindile Radebe. Plus de 500 immigrés zimbabwéens, malawites et mozambicains se sont réfugiés au poste de police.

D'autres violences ont éclaté aussi dans la province du North-West, visant notamment des Pakistanais, comme dans le Free State (centre) la veille. "Des étrangers ont été attaqués et leurs boutiques pillées", a déclaré à l'AFP le commissaire Peter du Plessis, précisant que deux Pakistanais avaient été "poignardés".

Confrontés à quelque 40% de chômage et de pauvreté, nombre de Sud-Africains reprochent aux immigrés, dont trois millions de Zimbabwéens ayant fui la crise dans leur pays, de prendre des emplois et de contribuer à la criminalité.

Autour de Johannesburg, la violence semblait en revanche maîtrisée, des policiers d'élite et des militaires ayant été déployés en renfort.

"C'est calme", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police, Govindsamy Mariemuthoo.

Depuis le 11 mai, au moins 42 personnes ont été tuées, des centaines blessées et plus de 500 arrêtées dans la seule province du Gauteng, où se trouve Johannesburg.

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est dit "profondément inquiet", parlant de plus de 17.000 déplacés.

Les immigrés regagnent leurs pays en masse, dont des milliers de Mozambicains. Le Malawi a commencé à rapatrier ses ressortissants. Le Zimbabwe s'est dit prêt à assister les siens.

L'Afrique du Sud a présenté ses excuses au Nigeria, par la voix de sa vice-présidente, Phumzile Mlambo-Ngcuka, en visite à Abuja. Le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) se sont dits préoccupés par ces violences qui ternissent la réputation de la première puissance économique du continent.


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