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Mon séjour en Afrique du Sud (Cape Town)

L'Afrique du sud va envoyer des "observateurs" à Kisangani

L'Afrique du sud s'est engagée mardi à envoyer une "équipe d'observateurs" militaires à Kisangani (est de la République démocratique du Congo, RDC), où la Belgique a entrepris de former une brigade "unifiée" de la nouvelle armée congolaise, mais sans encore se joindre à cette mission. "J'ai pris la décision qu'il serait important pour nous d'envoyer une équipe d'observation à Kisangani, pour voir (ce que font les Belges) et formuler des recommandations", a affirmé le ministre sud-africain de la Défense, Mosiuoa Lekota, à l'issue d'un entretien au Cap avec son homologue belge, André Flahaut. La Belgique a été sollicitée par le gouvernement de transition au pouvoir à Kinshasa pour l'aider à former cette première brigade unifiée - c'est à dire formée de contingents fournis par les anciens belligérants rass emblés au sein des institutions de transition en vertu d'un accord de paix et de partage du pouvoir destiné à mettre fin à la guerre civile. Elle a pris la tête de l'opération "Avenir", qui a débuté la semaine dernière par l'envoi des 89 premiers militaires belges à Kisangani, sur un effectif total prévu de 192 personnes (dont une douzaine de Français) à partir du 30 janvier. M. Flahaut avait à la fin de l'an dernier écrit à plusieurs de ses homologues - notamment américain, canadien, français, l uxembourgeois, néerlandais et sud-africain - pour leur demander de se joindre à cette mission, afin qu'elle soit le plus multinationale possible. Certains ont répondu favorablement, mais M. Lekota s'est abstenu d'y donner la moindre suite, selon des sources informées. Alors que le président sud-africain, Thabo Mbeki, a proposé, lors d'une visite à Kinshasa les 13 et 14 janvier derniers, une aide assez similaire en matière d'intégration de l'armée à son homologue congolais, Joseph Kabila, assorti e de promesses d'aide économique. En annonçant sa décision d'envoyer malgré tout une équipe d'observateurs à Kisangani, M. Lekota n'a pas exclu devant la presse d'aller par la suite "au-delà". Il a toutefois rappelé que l'armée sud-africaine était déjà fortement engagée dans des missions de paix en Afrique, citant la RDC - où Pretoria fournit près de 1.400 des 9.620 membres de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC), ce qui en fait le second contributeur après l'Uruguay - et le Burundi, où sont stationnés 750 Sud-Africains dans le cadre d'une force de paix africaine (MIAB). Il s'agit de "généreuses contributions" au maintien de la paix sur le continent africain", a-t-il fait valoir en saluant toutefois l'initiative belge. Selon une source militaire, plus de 3.000 militaires sud-africains sont ainsi actuellement déployés à l'étranger, sur un effectif total de quelque 70.000 hommes. "Ils sont surengagés, mais ils continuent", a souligné cet expert en rappelant que l'armée sud-a fricaine terminait sa réforme post-apartheid et que nombre de ses militaires étaient séropositifs, ce qui diminue ses capacités. Le ministre sud-africain a aussi exclu tout cavalier seul et toute ambition particulière de Pretoria en Afrique en soulignant que ses efforts dans la recherche de la paix dans la région des Grands Lacs s'inscrivait dans le cadre de ce que fait la Communauté de Développement d'Afrique australe (SADC). Interrogé par un journaliste sud-africain, M. Flahaut a pour sa part laissé entendre que l'implication militaire belge en RDC n'irait pas au-delà de la formation de cette 1ère brigade mixte, qui doit se terminer en juin, avant un éventuel déploiement dans la région de l'Ituri (nord-est), où des troubles et des massacres se poursuivent."C'est notre travail, c'est la limite", a-t-il répondu.